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Don de moelle osseuse : le don qu’on ne connaît pas encore assez

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Temps de lecture : 15 minutes

Introduction

Ces dernières semaines, l’histoire du petit Elio, 4 ans et demi, a ému la France entière. Atteint d’une leucémie aiguë de type T, ce petit garçon avait besoin d’une greffe de moelle osseuse pour survivre. Ses parents ont lancé un appel sur les réseaux sociaux, relayé notamment par le judoka Teddy Riner et le Président de la République.

La mobilisation a été extraordinaire : plus de 66 000 personnes se sont préinscrites sur le site de l’Agence de la Biomédecine en quelques semaines, contre 20 000 inscriptions habituellement sur une année entière. Et bonne nouvelle : un donneur compatible a finalement été trouvé.

On nous parle souvent du don du sang, de ce rendez-vous régulier avec l’EFS, du jus d’orange à la fin. Mais le don de moelle osseuse ? Peu de gens savent vraiment ce que c’est, comment ça fonctionne, et pourquoi c’est si difficile de trouver un donneur compatible. L’histoire d’Elio, 4 ans, en attente d’une greffe, a changé ça en quelques jours.

Pourquoi un don de moelle osseuse

Physiologie : La moelle osseuse

La moelle osseuse est un tissu mou et spongieux logé à l’intérieur de nos os. Loin d’être un simple rembourrage, elle joue un rôle vital : c’est une véritable usine de fabrication des cellules sanguines, active 24h/24, 7j/7. Ce processus de production s’appelle l’hématopoïèse.

Il n’existe pas une seule moelle osseuse, mais deux types, aux fonctions très différentes :

  • La moelle rouge est la moelle active. C’est elle qui produit les cellules sanguines. Chez l’adulte, elle est principalement localisée dans les os plats (sternum, côtes, vertèbres, os iliaques du bassin) ainsi qu’aux extrémités des os longs. Elle fabrique environ 1 000 milliards de cellules sanguines chaque jour.
  • La moelle jaune, elle, est inactive en temps normal. Composée majoritairement de cellules graisseuses (adipocytes), elle occupe la cavité centrale des os longs (fémur, tibia…). Elle ne participe pas à la production sanguine au quotidien, mais possède une capacité de reconversion en moelle rouge en cas de besoin urgent, comme lors d’une hémorragie massive ou d’une hypoxie sévère.

💡 Chez le nourrisson et le nouveau-né, toute la moelle est rouge et hématopoïétiquement active. Avec la croissance et l’âge, la moelle rouge est progressivement remplacée par de la moelle jaune dans les os longs des membres. C’est pourquoi les prélèvements de moelle se font préférentiellement au niveau du bassin chez l’adulte.

L’hématopoïèse : une production cellulaire organisée et hiérarchisée

Tout part d’une même cellule : la cellule souche hématopoïétique (CSH). Immature et polyvalente, elle a la capacité unique de se renouveler elle-même et de se différencier en n’importe quel type de cellule sanguine. À partir de cette cellule-mère, l’hématopoïèse se ramifie en deux grandes lignées :

  • La lignée myéloïde, qui donne naissance à :
    • Les globules rouges (érythrocytes) : Transportent l’oxygène des poumons vers les tissus
    • Les plaquettes (thrombocytes) : Assurent la coagulation et l’hémostase
    • Les polynucléaires (neutrophiles, éosinophiles, basophiles) et les monocytes : Première ligne de défense immunitaire innée
  • La lignée lymphoïde, qui produit :
    • Les lymphocytes T : Immunité cellulaire, reconnaissance des cellules infectées ou tumorale
    • Les lymphocytes B : Production d’anticorps (immunité humorale)
    • Les cellules NK (Natural Killer) : Destruction directe des cellules anormales
Source : alamy.com

Ce qui rend la moelle osseuse absolument indispensable, c’est la durée de vie limitée des cellules sanguines, qui impose un renouvellement constant :

Cellule Durée de vie approximative
Neutrophiles 1 à 3 jours
Plaquettes 7 à 10 jours
Globules rouges ~120 jours
Lymphocytes mémoire Plusieurs années

Ainsi, si la moelle osseuse cesse de fonctionner correctement, comme c’est le cas dans les leucémies ou les aplasies médullaires par exemple, l’ensemble du système sanguin et immunitaire s’effondre, mettant rapidement la vie du patient en danger.

Quand avoir besoin d'un don de moelle osseuse ?

La greffe de moelle osseuse, plus précisément appelée greffe de cellules souches hématopoïétiques (CSH), est indiquée lorsque la moelle osseuse d’un patient ne fonctionne plus correctement ou produit des cellules anormales, et que les traitements conventionnels (chimiothérapie, radiothérapie) ne suffisent plus à contrôler la maladie. Elle concerne en premier lieu les hémopathies malignes : leucémies aiguës myéloïdes et lymphoblastiques, lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens en rechute, myélomes multiples, ainsi que les syndromes myélodysplasiques. Mais son champ d’application dépasse les seuls cancers du sang : elle est également utilisée dans des pathologies non malignes telles que l’aplasie médullaire, les hémoglobinopathies comme la drépanocytose ou la thalassémie majeure, les déficits immunitaires primitifs, et plus récemment dans certaines maladies auto-immunes sévères réfractaires aux traitements, comme la sclérose en plaques. L’objectif de la greffe est de remplacer entièrement la moelle défaillante par des cellules souches saines, capables de reconstituer un système hématopoïétique et immunitaire fonctionnel.

Selon que les cellules souches proviennent du patient lui-même ou d’un donneur compatible, on distingue deux grands types de greffe, dont les principes, les indications et les risques diffèrent fondamentalement.

Dans le cadre d’une autogreffe, le donneur et le receveur sont la même personne. Les cellules souches du patient sont prélevées avant le traitement, congelées et conservées en laboratoire, puis réinjectées après une chimiothérapie à haute dose destinée à détruire les cellules tumorales résiduelles. L’autogreffe est principalement indiquée dans les lymphomes et les myélomes multiples, et constitue le traitement de référence chez les patients éligibles atteints de myélome. Son avantage majeur est l’absence de risque de rejet, puisque les cellules sont issues du patient lui-même. En revanche, elle ne bénéficie pas d’un effet immunologique anti-tumoral, ce qui peut favoriser la rechute à long terme.

L’allogreffe, quant à elle, consiste à transplanter les cellules souches d’un donneur sain génétiquement compatible avec le receveur. La compatibilité est évaluée grâce au typage HLA (Human Leukocyte Antigen), qui analyse les protéines à la surface des cellules déterminant le risque de rejet. La recherche d’un donneur commence au sein de la fratrie, où la probabilité de compatibilité est d’environ 1 chance sur 4 ; en l’absence de donneur familial, le recours à un donneur non apparenté inscrit au registre national ou international devient indispensable. L’allogreffe est indiquée dans les leucémies, les myélodysplasies, les aplasies médullaires, les hémoglobinopathies sévères et certains déficits immunitaires combinés sévères. Son atout majeur réside dans l’effet greffon contre tumeur (Graft Versus Leukemia ou GVL) : les cellules immunitaires du donneur reconnaissent et détruisent les cellules malignes résiduelles du receveur, conférant un bénéfice curatif que l’autogreffe ne peut apporter. Cependant, cette réaction immunitaire peut également se retourner contre les tissus sains du receveur, provoquant la redoutée maladie du greffon contre l’hôte (GvHD, Graft-versus-Host Disease), qui touche entre 40 et 80 % des receveurs selon le degré de compatibilité HLA, et peut affecter la peau, le tube digestif et le foie avec une sévérité parfois engageant le pronostic vital. C’est précisément pour limiter ces risques que la compatibilité HLA entre donneur et receveur est si déterminante, et que chaque inscription au registre des donneurs volontaires représente un espoir de vie pour des patients comme le petit Elio.

Le don de moelle osseuse

Les deux modes de prélèvement : des gestes bien moins effrayants qu'on ne le croit

L’une des plus grandes craintes des potentiels donneurs est la douleur ou le risque lié au prélèvement. Pourtant, les techniques actuelles sont sûres, encadrées, et bien tolérées. Il en existe deux, choisies selon le profil du donneur et les besoins du receveur.

1. Le prélèvement sanguin par cytaphérèse –> 75 à 80 % des cas

C’est aujourd’hui la méthode la plus utilisée. Elle ne nécessite aucune intervention chirurgicale. Son déroulement :

  • Pendant 5 jours, le donneur reçoit des injections sous-cutanées de G-CSF (Granulocyte Colony-Stimulating Factor), un médicament qui stimule la production de CSH dans la moelle et les pousse à migrer dans le sang
  • Le jour du prélèvement, le donneur est installé dans un fauteuil. Une machine de cytaphérèse filtre son sang, en extrait les CSH, et restitue le reste du sang au donneur , un processus qui dure 3 à 4 heures, comparable à un don de plaquettes.
Source : https://www.shutterstock.com/

Les effets secondaires du G-CSF sont le plus souvent modérés : douleurs osseuses, fatigue, maux de tête durant les jours de traitement. Ils disparaissent rapidement après le prélèvement.

2. La ponction médullaire –> 20 à 25 % des cas

Cette méthode est indiquée dans certains cas spécifiques, notamment pour les greffes pédiatriques. Elle se déroule ainsi :

  • Sous anesthésie générale, le médecin effectue de multiples ponctions dans les os iliaques (les ailes du bassin) à l’aide d’aiguilles spéciales
  • Le volume prélevé représente environ 5 % de la moelle totale du donneur
  • L’hospitalisation dure 48 heures, avec une reprise d’activité normale en quelques jours

La moelle prélevée se reconstitue naturellement en environ 6 semaines.

Les étapes du don

S’inscrire comme donneur de moelle osseuse est un acte simple, mais qui engage sur le long terme. Pour être inscrit sur le Registre France Greffe de Moelle, géré par l’Agence de la Biomédecine, les conditions sont les suivantes :

  • Etre âgé de 18 à 35 ans au moment de l’inscription. Il est ensuite possible de donner jusqu’à 60 ans.
  • Bonne santé générale : absence de maladies chroniques incompatibles avec le don (certaines pathologies peuvent être évaluées au cas par cas)
  • Engagement de disponibilité : rester joignable et informer le registre de tout changement de coordonnées ou d’état de santé

💡 Pourquoi 35 ans maximum à l’inscription ? Depuis le 1er janvier 2021, la limite d’âge d’inscription a été abaissée de 51 à 35 ans. La raison est purement médicale : les greffons issus de donneurs jeunes sont plus riches en CSH, avec une meilleure prise de greffe et de meilleurs résultats cliniques pour le receveur. Plus le donneur est jeune au moment de l’inscription, plus il a de chances d’être sollicité.

S’inscrire ne signifie pas donner immédiatement. Il s’agit d’un engagement progressif, à chaque étape duquel le donneur garde la possibilité de se retirer. Voici le cheminement complet :

  • Étape 1. L’inscription en ligne :  Tout commence sur dondemoelleosseuse.fr, le site officiel de l’Agence de la Biomédecine. Un simple formulaire suffit pour initier la démarche.
  • Étape 2.  Le typage HLA à domicile : Un kit de prélèvement salivaire est envoyé au domicile du candidat. Il suffit de frotter un écouvillon à l’intérieur de la joue et de renvoyer l’échantillon. Ce test permet de déterminer le profil HLA du donneur, indispensable pour rechercher des compatibilités avec des patients.
  • Étape 3. L’inscription sur le registre : Après validation des résultats biologiques, le profil HLA du donneur est intégré au registre national Syrenad, lui-même interconnecté avec les registres internationaux.
  • Étape 4. L’attente :  C’est souvent la phase la plus mal comprise. Le délai médian avant d’être potentiellement contacté est d’environ 4 ans. Certains donneurs ne seront jamais sollicités. Le registre compte aujourd’hui plus de 380 000 donneurs inscrits en France, mais la probabilité de compatibilité reste infime, d’où l’importance de maintenir son inscription active.
  • Étape 5. La sélection et la confirmation : En cas de compatibilité potentielle avec un patient, le donneur est contacté pour un bilan médical complet. Son consentement est recueilli formellement à chaque étape. Il peut se retirer à tout moment avant le début du conditionnement du receveur.
  • Étape 6.  Le don et la transfusion : Une fois le prélèvement effectué, le greffon est acheminé vers le centre de greffe, parfois à l’autre bout du monde, et transfusé au receveur dans les 12 à 36 heures suivantes.

Toutes les inscriptions sont précieuses, mais certains profils sont particulièrement sous-représentés dans le registre et donc plus urgemment recherchés.

Les hommes jeunes (18-35 ans) représentent le profil prioritaire. Paradoxalement, alors qu’ils constituent plus de 70 % des donneurs effectivement prélevés (leurs greffons étant plus efficaces), ils ne représentent que 34 % des inscrits sur le registre. Suite à l’appel lancé pour Elio, plus de 80 % des nouvelles inscriptions étaient des femmes, ce qui illustre ce déséquilibre persistant.

Les personnes issues de la diversité sont également cruciales. La compatibilité HLA est étroitement liée à l’origine ethnique et géographique : un patient d’origine africaine, asiatique ou méditerranéenne a statistiquement beaucoup plus de difficultés à trouver un donneur compatible, faute de représentation suffisante dans les registres mondiaux.

Qu'est-ce que le système HLA ?

La greffe de moelle osseuse n’est pas une simple transfusion. Pour comprendre pourquoi, partons de ce que tout soignant connaît : les groupes sanguins ABO.

Lors d’une transfusion, la compatibilité repose sur des antigènes glucidiques présents à la surface des globules rouges. Avec seulement 8 groupes sanguins courants, trouver un donneur compatible est relativement simple.

Pour une greffe de moelle, les règles sont d’une tout autre complexité. Elles reposent sur le système HLA (Human Leukocyte Antigen), des protéines présentes sur la surface de presque toutes les cellules du corps. Leur rôle : servir de carte d’identité cellulaire, permettant au système immunitaire de distinguer le « soi » du « non-soi ».

💡 Différence clé : contrairement à l’HLA, la compatibilité ABO n’est pas obligatoire pour une greffe. Entre 20 et 50 % des greffes sont réalisées malgré une incompatibilité ABO. En revanche, plus les profils HLA diffèrent, plus le risque de complications est élevé. Et fait remarquable : après la greffe, le receveur adopte progressivement le groupe sanguin de son donneur.

Le système HLA correspond à un ensemble de protéines présentes à la surface de presque toutes nos cellules. Ces protéines jouent le rôle de carte d’identité cellulaire : elles permettent au système immunitaire de distinguer en permanence le « soi » du « non-soi », c’est-à-dire de reconnaître les cellules qui appartiennent à l’organisme de celles qui lui sont étrangères.

Ces marqueurs HLA sont codés par des gènes situés sur le chromosome 6. Ce qui rend le système HLA particulièrement complexe, c’est son extrême polymorphisme : il existe des milliers de variantes possibles pour chacun de ces gènes, créant ainsi des millions de combinaisons différentes d’un individu à l’autre. Chaque être humain possède un profil HLA unique, comparable à une empreinte digitale biologique.

Pour une greffe de moelle osseuse, la compatibilité est évaluée sur plusieurs loci (sites génétiques) clés, regroupés en deux classes :

  • Classe I : gènes HLA-A, HLA-B et HLA-C. Ces molécules sont présentes sur toutes les cellules nucléées du corps. Une incompatibilité à ce niveau augmente significativement le risque de rejet et de complications.
  • Classe II : gènes HLA-DR, HLA-DQ et HLA-DP.  Présents principalement sur les cellules immunitaires, ils jouent un rôle central dans la réponse immunitaire adaptative.
Source : srlf.org

En pratique, la recherche de donneur compatible vise idéalement une compatibilité 10/10. Plus il y a de différences entre les profils HLA du donneur et du receveur, plus le risque de complications post-greffe est élevé.

Comment se réalise le typage HLA ?

Le typage HLA est un test génétique qui permet d’identifier précisément les allèles HLA d’un individu. Il peut être réalisé à partir d’une prise de sang ou d’un écouvillonnage buccal (prélèvement salivaire), les deux fournissant suffisamment d’ADN pour l’analyse.

Les techniques actuelles utilisent le séquençage à haut débit (Next Generation Sequencing), qui permet un typage haute résolution sans ambiguïté, allèle par allèle. Les résultats sont ensuite intégrés dans les registres nationaux et internationaux pour permettre la recherche de compatibilités à l’échelle mondiale.

Pourquoi les marqueurs HLA sont-ils si influencés par l’origine ethnique ? Les allèles HLA ne sont pas répartis de façon uniforme dans la population mondiale. Certaines combinaisons sont très fréquentes dans une ethnie et rarissimes dans une autre. C’est la raison pour laquelle un patient d’origine africaine, asiatique ou méditerranéenne a statistiquement beaucoup plus de difficultés à trouver un donneur compatible dans un registre à dominante caucasienne.

 

Les conséquences d’une incompatibilité : la GVH

Si le profil HLA du greffon est trop éloigné de celui du receveur, les cellules immunitaires du donneur, une fois greffées, ne reconnaissent pas les cellules du receveur comme appartenant au « soi » et les attaquent. C’est ce qu’on appelle la maladie du greffon contre l’hôte (GVH — Graft Versus Host Disease).  Cette complication peut toucher de nombreux organes (peau, foie, intestin, poumons) et peut être fatale dans sa forme sévère. Elle représente l’une des principales causes de mortalité post-greffe.

La GVH a cependant un revers parfois bénéfique, l’effet greffon contre leucémie (GVL) : les cellules du donneur peuvent aussi attaquer les cellules leucémiques résiduelles du receveur, réduisant ainsi le risque de rechute.

–> Trouver le juste équilibre entre prévention de la GVH et maintien de l’effet GVL est l’un des grands défis de la transplantologie.

 

Symptômes Diagnostics Traitement
GVH cutanée Rougeurs pouvant aller du simple érythème jusqu’au Lyell (décollement) Biopsie cutanée ·      Corticoïdes·      Dermocorticoïdes·      +/- photophérèse
GVH digestive Nausées, vomissements, douleurs abdominales diarrhées parfois glaireuses, sanglantes et /ou verdâtres Rectosigmoïdoscopie avec biopsie ·      Corticoides·      Mise à jeun·      +/- photophérèse
GVH hépatique Hépatomégalie, ictère, BHC perturbé PHB (Ponction hépatobiliaire) avec biopsie ·      Corticoïdes
GVH pulmonaire Dyspnée, désaturation en air ambiant, respiration difficile, infections pulmonaires Avis pneumologue ·      Corticoïdes·      Aérosols aux corticoïdes
GVH oculaire(souvent associée à la GVH cutanée) Irritation des yeux, brûlures, sensation de sable dans les yeux, cécité AvisOphtalmo ·      Corticoïdes·      Collyres aux corticoïdes
Source : Protocole hospitalier APHP
Les chiffres qui illustrent la difficulté
  • Dans la fratrie : 1 chance sur 4 de trouver un donneur HLA-compatible, car les frères et sœurs héritent des mêmes combinaisons d’allèles parentaux.
  • En dehors de la famille, sur le registre international : environ 1 chance sur 1 million de trouver deux individus parfaitement compatibles.

C’est cette réalité mathématique qui explique pourquoi chaque nouvelle inscription sur le registre est précieuse : elle augmente mécaniquement les chances de chaque patient en attente de trouver son donneur.

Le cadre réglementaire en France

En France, le don de moelle osseuse s’inscrit dans un cadre légal strict, protecteur à la fois du donneur et du receveur. Il est régi par les lois de bioéthique et placé sous la tutelle de l’Agence de la Biomédecine, établissement public relevant du ministère de la Santé.

Les grands principes qui encadrent ce don sont les mêmes que pour tous les dons d’organes et de tissus en France :

  • Volontariat : Nul ne peut être contraint de donner. L’inscription et le don sont librement consentis, et révocables à tout moment avant le début du conditionnement du receveur.
  • Anonymat : Le donneur et le receveur ne se connaissent pas. Un échange d’informations personnelles n’est possible, sous conditions, qu’après un délai légal de 2 ans suivant la greffe.
  • Gratuité : Aucune rémunération ne peut être versée au donneur. Tous les frais liés au bilan médical, au prélèvement et à l’acheminement du greffon sont intégralement pris en charge par l’Assurance Maladie.

Sur le plan organisationnel, le registre national Syrenad est géré par l’Agence de la Biomédecine et interconnecté avec les registres de 59 pays membres de la WMDA (World Marrow Donor Association). Cela signifie qu’un patient français peut recevoir un greffon d’un donneur étranger, et inversement. Une dimension internationale essentielle lorsqu’aucun donneur compatible n’est trouvé en France.

Conclusion

L’histoire du petit Elio nous rappelle avec force ce que les chiffres peinent parfois à exprimer : derrière chaque recherche de donneur compatible, il y a une vie qui attend, une famille suspendue à l’espoir. En dehors de la fratrie, la probabilité de trouver deux individus génétiquement compatibles est d’à peine 1 chance sur 1 million. C’est dire combien chaque nouvelle inscription au registre national compte.

En France, le registre géré par l’Agence de la biomédecine recensait 421 223 donneurs volontaires au 31 décembre 2025. Un chiffre en progression constante, notamment grâce à des histoires comme celle d’Elio, qui ont su toucher le grand public là où les campagnes institutionnelles n’atteignent pas toujours : dans l’émotion, dans l’empathie, dans l’identification à un visage, à un prénom.

Pourtant, les besoins demeurent immenses. Plus de 70 % des patients en attente d’une greffe dépendent d’un donneur non apparenté. Le registre doit aussi se diversifier pour refléter la richesse des origines génétiques de la population française, car la compatibilité HLA varie selon les profils.

S’inscrire comme donneur ne prend que quelques minutes : un questionnaire en ligne, un simple prélèvement salivaire envoyé à domicile et on devient alors ce que l’Agence de la biomédecine appelle un « Veilleur de Vie » : prêt, peut-être, un jour, à sauver un inconnu.

Elio n’aura peut-être pas choisi d’être un symbole. Mais si son histoire a convaincu des milliers de personnes de s’inscrire, alors elle aura, au-delà de son propre combat, ouvert la porte à d’autres guérisons possibles. C’est le pouvoir rare d’un récit humain : transformer la compassion en acte.

Pour s’inscrire : dondemoelleosseuse.fr

Bibliographie

AGENCE DE LA BIOMÉDECINE. Don de moelle osseuse : et si les jeunes passaient de l’intention à l’action ? [en ligne]. Disponible sur : https://www.agence-biomedecine.fr/fr/don-et-greffe-de-moelle-osseuse/don-de-moelle-osseuse-et-si-les-jeunes-passaient-de-l-intention-a-l-action

ALLO DOCTEURS. Appel pour Elio : on vous explique comment se passe le don de moelle osseuse [en ligne]. Disponible sur : https://www.allodocteurs.fr/appel-pour-elio-on-vous-explique-comment-se-passe-le-don-de-moelle-osseuse-46066.html

ARCAGY – INFOCANCER. Le don de cellules souches hématopoïétiques [en ligne]. Disponible sur : https://www.arcagy.org/infocancer/traitement-du-cancer/greffes/les-greffes-de-moelle-osseuse/le-don-de-cellules-souches-hematopoietiques.html

CONNAÎTRE ET COMBATTRE LES MYÉLODYSPLASIES (CCM). Registre français des donneurs volontaires de moelle osseuse [en ligne]. Disponible sur : https://www.myelodysplasies.org/connaitre/51/registre-francais-des-donneurs-volontaires-de-moelle-osseuse.html

ÉTABLISSEMENT FRANÇAIS DU SANG (EFS). Don de moelle osseuse : un précieux sésame pour lutter contre les maladies du sang [en ligne]. Disponible sur : https://dondesang.efs.sante.fr/articles/don-de-moelle-osseuse.

FRANCEINFO. Profils recherchés, anonymat, greffe… Six choses à savoir sur le don de moelle osseuse, après la mobilisation pour sauver Elio, atteint d’un cancer du sang rare [en ligne]. France Télévisions, s.d. Disponible sur : https://www.franceinfo.fr/sante/profils-recherches-anonymat-greffe-six-choses-a-savoir-sur-le-don-de-moelle-osseuse-apres-la-mobilisation-pour-sauver-elio-atteint-d-un-cancer-du-sang-rare_8014025.htm.

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