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L’histoire de la profession IDE

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Ils n’avaient ni diplôme, ni formation, ni blouse blanche. Juste une prière, une présence, et le courage de rester auprès des mourants quand tous les autres fuyaient. Lorsque la peste noire s’abat sur l’Europe au milieu du XIVe siècle, emportant près de la moitié de la population du continent, ce sont des religieux qui tiennent les hospices. Non pour guérir, la médecine de l’époque n’en a pas les moyens, mais pour accompagner. C’est de là que tout commence…

Sept siècles séparent ces frères et sœurs hospitaliers de l’infirmier d’aujourd’hui : universitaire, autonome, capable de conduire une consultation, de suivre des patients chroniques, d’adapter des traitements. Entre ces deux figures, une transformation profonde, lente, souvent contrariée, s’est opérée. Une profession s’est construite, contre les représentations, contre les résistances institutionnelles, contre le temps…

Retracer cette histoire, c’est comprendre ce qu’est vraiment la profession infirmière aujourd’hui. D’où elle vient, ce qu’elle a dû surmonter, et pourquoi les évolutions récentes : pratique avancée, accès direct, réforme de la formation 2026….  ne sont pas de simples ajustements techniques, mais l’aboutissement d’un chemin pluriséculaire.

Aux origines du soin : la Peste Noire et le lien indissociable entre l'infirmier et la religion

Avant la peste : soigner est un acte de foi

Pour comprendre le choc de la Peste Noire, il faut d’abord saisir dans quel monde elle s’abat. Au Moyen Âge, soigner n’est pas encore un métier. C’est une vocation spirituelle, une œuvre de miséricorde ordonnée par Dieu.

Le mot « infirmier » lui-même naît dans ce contexte. Il dérive du mot « enfermerie » : le lieu au sein des monastères où l’on isole les malades, les faibles, les « sans forces » (infirmus en latin). L' »enfermier », c’est littéralement celui qui prend soin des hôtes fragiles dans ces espaces. Le terme tel qu’on le connaît n’apparaît dans sa forme définitive qu’en 1398, juste après les grandes vagues de peste.

Le dictionnaire du XVIIe siècle est explicite : « Infirmier : celui ou celle qui a soin des malades dans une maison religieuse. » Le lien entre soignant et religion n’est pas une coïncidence historique. C’est l’essence même du mot.

Cette vision théologique structure tout : soigner le malade, c’est soigner le Christ lui-même. Elle justifie le dévouement absolu, le sacrifice, l’absence de rémunération.

Les premiers hôpitaux français ne sont pas des établissements médicaux au sens moderne. Ce sont des Maisons-Dieu et des Hôtels-Dieu, fondés et gérés par l’Église.

  • L’Hôtel-Dieu de Lyon est fondé en 540 par Childebert.
  • L’Hôtel-Dieu de Paris est fondé vers 651 par Saint Landry, évêque de Paris. Ce sera pendant des siècles le principal lieu de soins de la capitale, entièrement tenu par des Augustines, considéré comme le premier ordre religieux exclusivement soignant.

Dans ces structures, les malades ne sont pas les seuls accueillis. On y reçoit les pèlerins, les pauvres, les vieillards, les orphelins, les lépreux, les « fous ». Les soins sont rudimentaires : quelques simples cultivés dans le jardin du monastère, la prière, la confession, le soutien spirituel avant la mort.

Les soignants sont des frères et sœurs religieux, aidés par des « repenties » et des veuves charitables. Ce n’est pas un recrutement de compétence. C’est un recrutement de pénitence et de foi.

Les ordres hospitaliers militaires fondent également les premières structures de soins organisées :

  • L’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem, où les malades sont appelés « Seigneurs malades » et servis avant même les frères.
  • L’Ordre des Antonins, spécialisés dans les grandes épidémies.
  • Les Frères de la Charité, emblématiques du soin médiéval.

1347–1353 : La Peste Noire, le baptême de feu du soignant

En octobre 1347, douze galères génoises arrivent dans le port de Messine, en Sicile. À bord : des marins mourants, couverts de bubons noirs suintant sang et pus, emportés en moins de cinq jours. Les autorités portuaires renvoient immédiatement les navires, mais il est trop tard. Le bacille Yersinia pestis, dont on ignore tout à l’époque,  est en Europe.

Entre 1347 et 1353, la Peste Noire tue entre un tiers et la moitié de la population européenne. À Florence, Boccace estime à 100 000 le nombre de morts dans sa seule ville.

Pour les religieux, cette épidémie est une épreuve théologique terrifiante. La maladie est d’abord interprétée comme la colère de Dieu. Face à cette conviction, abandonner les malades serait trahir Dieu. Des chroniques de l’époque témoignent du courage extraordinaire des soignants religieux :

« Les nonnes d’un hôpital de ville, n’ayant aucune crainte de la mort, soignaient les malades avec toute la douceur et l’humilité. De nouvelles nonnes remplaçaient celles qui mouraient, jusqu’à ce que la plupart aient péri.»

Les monastères et couvents, avec leur vie en communauté, sont des foyers idéaux de propagation. À Florence, le monastère camaldule de Santa Maria degli Angeli perd 21 moines en une seule année. Les prêtres et soignants qui continuent d’approcher les malades savent qu’ils risquent une mort rapide et certaine.

Face à la peste, la médecine de l’époque est totalement dépassée. Les médecins appliquent encore la théorie des humeurs héritée d’Hippocrate : saignées, purges, cautérisation des bubons. Tout cela est inutile.

La croyance dominante est que la maladie est transmise par « l’air corrompu ». Dans ce vide thérapeutique absolu, les soignants religieux sont les seuls à rester. Pas parce qu’ils ont des solutions , ils n’en ont pas, mais parce que leur foi leur interdit de fuir. C’est cette présence, ce courage nu et désarmé, qui grave pour des siècles dans les mentalités l’équation :

« soigner = se sacrifier = servir Dieu. »

Les grandes ruptures nées de la peste

La Peste Noire ne détruit pas seulement des vies. Elle fait émerger les premières intuitions modernes du soin.

  1. La quarantaine, invention médicale de la peste : En 1350, Milan impose des mesures de confinement strictes et construit le premier « pestehouse » : une structure hors les murs de la ville où les malades sont isolés et soignés. C’est l’ancêtre direct de l’hôpital d’isolement.
  2. Les hôpitaux changent de nature : Après la catastrophe, une exigence nouvelle naît : l’hôpital doit être un lieu de traitement et de guérison, avec des salles séparées par pathologies et une attention accrue à la propreté.
  3.  Le savoir médical s’ouvre au peuple : La mort massive des clercs latins conduit à la rédaction de nouveaux textes en langue vernaculaire. Pour la première fois, des laïcs peuvent accéder au savoir médical.
  4.  La foi en l’Église est ébranlée : La Peste Noire provoque une crise religieuse profonde. Cette désillusion est l’une des sources lointaines de la Renaissance et de la Réforme protestante, qui jouera un rôle décisif dans la naissance des premières écoles laïques d’infirmières.

Florence Nightingale (1820–1910) : la femme qui a tout changé

Elle naît le 12 mai 1820 à Florence,  en Italie, dans une famille de la haute bourgeoisie anglaise. Son prénom lui est donné en hommage à sa ville de naissance. Rien ne la destine à soigner les malades : dans l’Angleterre victorienne, une femme de son rang est censée se marier, tenir un salon, broder. Elle refuse.  À 24 ans, contre la volonté de ses parents, elle annonce sa vocation : elle sera infirmière. Cette décision, jugée scandaleuse pour son milieu, est le premier acte d’une révolution qui va durer un demi-siècle.

La Crimée : quand les statistiques sauvent des vies

En 1854, la Grande-Bretagne entre en guerre contre la Russie. Les conditions dans les hôpitaux militaires britanniques sont catastrophiques : les soldats meurent moins de leurs blessures que des infections, de la dysenterie, du choléra. Florence Nightingale débarque à Scutari (actuelle Istanbul) avec 38 infirmières qu’elle a elle-même recrutées et formées.

Ce qu’elle découvre la révolte et l’inspire simultanément. Elle ne se contente pas de soigner : elle compte, mesure, documente. Elle collecte des données précises sur les causes de mortalité et les représente sous forme de graphiques circulaires, ce que l’on appelle aujourd’hui des « diagrammes en rose » (coxcomb charts), une invention statistique qui lui est entièrement due. Ses chiffres démontrent l’évidence : les soldats meurent d’infections évitables, pas du combat. En imposant des mesures d’hygiène strictes (ventilation des salles, eau propre, nettoyage des plaies), elle fait chuter le taux de mortalité de 42 % à 2 % en quelques mois.

« La Dame à la Lampe » : les soldats l’appellent ainsi car elle parcourt les couloirs la nuit, sa lanterne à la main, veillant sur ses patients avec une présence que nul avant elle n’avait accordée aux malades de guerre. »

1860 : la première école d'infirmières laïque du monde

De retour en Angleterre, elle est accueillie en héroïne nationale. Une souscription populaire dépasse un million de francs. Florence Nightingale refuse d’en profiter personnellement et consacre l’intégralité de cette somme à un seul projet : créer une école.

En 1860, elle fonde la Nightingale Training School au St Thomas’ Hospital de Londres, la première école d’infirmières laïque et professionnelle du monde. Rupture historique : pour la première fois, on recrute des infirmières non pas pour leur foi, mais pour leur intelligence, leur instruction et leur sens clinique. La formation dure deux ans, combine des cours théoriques scientifiques et une pratique hospitalière intensive sous la supervision d’une surveillante.

Son modèle se propage rapidement aux États-Unis, en Australie, en Afrique. En France, c’est Anna Hamilton à Bordeaux qui l’importe la première, avant que Léonie Chaptal s’en inspire pour structurer la profession française.

Ce qui fait la grandeur de Nightingale dépasse largement la guerre de Crimée. Elle pose les fondements conceptuels sur lesquels la profession infirmière repose encore aujourd’hui :

  • La science : Le soin doit reposer sur des données mesurables, pas sur des croyances.
  • L’hygiène : L’environnement (air, eau, lumière, propreté) est un facteur thérapeutique à part entière.
  • La formation : Une infirmière doit être formée, évaluée, encadrée, pas simplement dévouée.
  • L’autonomie : Soigner, ce n’est pas « assister le médecin », c’est une discipline propre avec ses savoirs spécifiques.
  • La dignité : Le patient est une personne, pas un cas. Les soins centrés sur la personne naissent avec elle.

Elle publie en 1859 « Notes on Nursing », un ouvrage fondateur traduit dans de nombreuses langues, qui reste une référence dans l’enseignement infirmier mondial. Elle intervient également au Congrès international des statistiques en 1860, plaidant pour un recueil standardisé des données hospitalières à l’échelle internationale.

Il faut aussi citer une zone d’ombre : lorsque Nightingale fonde son école, elle en exclut délibérément les hommes, les jugeant inadaptés à la profession infirmière, sauf dans les asiles psychiatriques où leur force physique est nécessaire. Ce choix contribuera à féminiser structurellement la profession et, paradoxalement, à la sous-valoriser sur le plan salarial pendant plus d’un siècle. Les hommes infirmiers ne seront réintégrés dans les écoles françaises qu’en 1978.

L'héritage universel

Florence Nightingale s’éteint le 13 août 1910 à Londres, à 90 ans, après un demi-siècle de travail ininterrompu. Son héritage est immense :

  • Elle arrache le soin à la tutelle religieuse et l’ancre dans la science.
  • Elle invente la recherche infirmière et l’utilisation des données probantes dans la pratique soignante.
  • Elle fonde la notion moderne de santé publique et des déterminants sociaux de la santé.
  • Elle inspire la création du Comité International de la Croix-Rouge : Henry Dunant reconnaît lui-même s’être inspiré de son travail en Crimée.
  • Chaque 12 mai, date de sa naissance, est célébrée dans le monde entier comme la Journée Internationale des Infirmières.

« Que toutes les jeunes femmes qui se sentent une vocation particulière se qualifient pour elle comme un homme le fait pour sa tâche. Ne croyez pas que vous puissiez l’entreprendre autrement. »

                                                                                     — Florence Nightingale

1920–1945 : Les premières pierres d'une profession

1922 — Le premier titre officiel : Léonie Chaptal entre en scène

En 1920, l’union des femmes françaises définit en 1920 le rôle de l’infirmière en ces termes : « Le rôle de l’infirmière est de servir le malade en veillant constamment sur lui (…) et principalement en secondant assidûment et docilement le médecin. » La subordination au corps médical est inscrite dans la définition même du métier.

Mais, le décret du 27 juin 1922, porté par Léonie Chaptal, va instaurer le brevet de capacité d’infirmières professionnelles, officialisant ainsi pour la première fois le titre d’infirmier et un programme national unique de formation. C’est date fondatrice marque un tournant pour la profession infirmière

Qui est Léonie Chaptal ? Seule infirmière française à avoir présidé le Conseil International des Infirmières, elle fonde son école dès 1905 et défend avec conviction une vision révolutionnaire pour l’époque : l’infirmière s’occupe de la personne souffrante, quand le médecin traite la maladie. Elle écrit en 1924 :

« La maladie, c’est la science du médecin et le malade, c’est l’art de l’infirmière. »

1937 - Le diplôme d'état Infirmier

En 1937, le Diplôme d’État devient obligatoire pour exercer la profession. La formation dure alors 22 mois et couvre les maladies infectieuses, l’hygiène, l’administration hospitalière. C’est un tournant : la formation devient nationale et standardisée.

La création formelle du Diplôme d’État d’Infirmier (DEI) est actée en 1942, une reconnaissance légale de la profession.

Dès les premières écoles créées par des médecins en 1876, la profession infirmière est construite dans un rapport de subordination au corps médical. La circulaire de 1902 définit l’infirmière comme « la collaboratrice disciplinée (…) du médecin ». Cette hiérarchie structurelle freinera pendant des décennies toute autonomie professionnelle réelle.

1945–1970 : L'après-guerre, la spécialisation et la structuration

Virginia Henderson, infirmière, enseignante et chercheuse américaine, publie en 1947 son modèle des 14 besoins fondamentaux de l’être humain, qui deviendra une référence mondiale dans l’enseignement infirmier.

  • Besoin de respirer.
  • Besoin de boire et manger.
  • Éliminer.
  • Se mouvoir et maintenir une bonne posture.
  • Dormir et se reposer.
  • Se vêtir et se dévêtir.
  • Maintenir sa température.
  • Être propre, protéger ses téguments.
  • Eviter les dangers
  • Communiquer
  • Pratiquer sa religion et agir selon ses croyances et ses valeurs
  • S’occuper en vue de se réaliser
  • Besoin de se recréer, se divertir
  • Besoin d’apprendre

Dès l’après-guerre, la complexification des soins impose des compétences spécifiques avec des évolutions majeures les années suivantes :

  • 1947 : Spécialité d’infirmière puéricultrice
  • 1949 : Spécialité d’infirmière anesthésiste (IADE) et infirmier de secteur psychiatrique
  • 1955 : Arrêté réglementant le diplôme pour les infirmiers psychiatriques (2 ans de formation)
  • 1956 : Création du Diplôme d’aide-soignant
  • 1958 : Création du Certificat d’aptitude aux fonctions d’infirmière surveillante et monitrice (CAFIS)
  • 1962 : Le programme de formation passe à deux ans, signe que la technicité du métier ne cesse de croître.
  • 1971 : Spécialité d’infirmière de bloc opératoire (IBODE)

La profession est à prédominance féminine dans un système de santé largement dominé par des hommes médecins. Cette réalité structure des rapports de pouvoir inégaux : les infirmières exercent des compétences élevées pour des salaires qui ne reflètent pas leur niveau de qualification. Les métiers du soin restent historiquement sous-valorisés, en partie parce qu’ils sont massivement féminins.

1978–1984 — Vers l'autonomie réglementaire

Les années 1980 marquent une rupture symbolique : des décrets de compétences reconnaissent officiellement le rôle propre infirmier, c’est-à-dire les actes réalisés de la propre initiative de l’infirmier, indépendamment d’une prescription médicale. La profession commence à revendiquer son autonomie intellectuelle et clinique.

En 1988, la grande grève infirmière, nommée la « Tornade Blanche » est un des moments les plus marquants de l’histoire infirmière française. En octobre de cette année, les infirmières descendent dans la rue par dizaines de milliers. La goutte d’eau ? Un plan gouvernemental qui les considère encore comme de simples « piqueuses », avec un salaire d’appoint, totalement subordonnées aux médecins dans un système où 85 % des médecins sont des hommes.

Le mouvement est massif, spontané, porté par des coordinations régionales indépendantes des syndicats traditionnels. Les revendications sont claires : reconnaissance de la technicité, revalorisation salariale, dignité professionnelle.

Ce mouvement social sans précédent dans le secteur hospitalier aboutit à des avancées concrètes. Il marque un tournant dans la conscience collective de la profession : les infirmières ne se vivent plus comme de simples auxiliaires médicales, mais comme des professionnelles à part entière.

1990–2009 : Structuration institutionnelle et montée en compétences

1991–1992 — Des réformes structurantes pour la reconnaissance du métier infirmier

Le début des années 1990 marque une étape importante dans l’évolution de la profession infirmière en France, avec une volonté croissante de structurer l’organisation des soins et de renforcer la reconnaissance institutionnelle du rôle infirmier.

En 1991, la création de la Direction du service de soins infirmiers (DSSI) dans les établissements hospitaliers constitue une avancée significative. Pour la première fois, une instance dédiée permet de reconnaître officiellement la spécificité du management infirmier. Cette structure contribue à donner une place plus visible aux infirmiers dans l’organisation des soins, en leur confiant des responsabilités de coordination, de gestion des équipes et d’amélioration de la qualité des prises en charge. Elle participe également à affirmer l’identité professionnelle infirmière au sein de l’hôpital, jusque-là fortement dominé par une organisation médicale hiérarchisée.

L’année 1992 poursuit cette dynamique avec une réforme majeure de la formation en soins infirmiers. Le programme d’études est profondément réorganisé afin de proposer un diplôme unique, quel que soit le secteur d’exercice (hospitalier, psychiatrique, libéral, etc.). Cette unification contribue à harmoniser les compétences attendues et à renforcer la mobilité professionnelle. Par ailleurs, la durée de la formation est portée à trois ans, ce qui traduit une volonté claire d’élever le niveau d’exigence et de professionnalisation du métier. Cette réforme s’inscrit dans une logique plus large de montée en compétences et de structuration du rôle infirmier dans le système de santé.

2002 — La loi du 4 mars 2002 : une transformation majeure de la place du patient

L’année 2002 constitue un tournant essentiel avec la promulgation de la loi du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé. Cette loi marque un changement profond de paradigme en plaçant le patient au centre du système de soins.

Elle consacre plusieurs droits fondamentaux, notamment le droit à l’information, le consentement libre et éclairé, ainsi que l’accès direct au dossier médical. Le patient n’est plus uniquement considéré comme un bénéficiaire passif des soins, mais comme un acteur à part entière de sa prise en charge.

Pour les infirmiers, cette évolution a des implications concrètes et importantes dans la pratique quotidienne. Elle renforce la nécessité d’une communication claire, adaptée et bienveillante, ainsi qu’une vigilance accrue sur les aspects éthiques de la relation de soin. L’exercice infirmier s’en trouve enrichi, mais aussi complexifié, puisqu’il implique désormais une responsabilisation accrue dans la transmission d’informations et dans le respect des droits du patient.

Cette loi contribue ainsi à redéfinir la relation soignant-soigné, en plaçant davantage l’accent sur la transparence, l’écoute et la participation du patient aux décisions qui concernent sa santé.

2009 — L’universitarisation de la formation infirmière : l’entrée dans le système LMD

Les transformations engagées entre 1990 et 2002 ne constituent pas un aboutissement, mais plutôt une étape clé dans un mouvement plus large de professionnalisation et de reconnaissance du métier infirmier. La structuration des organisations de soins, l’unification de la formation et l’affirmation des droits des patients ont progressivement redéfini la place de l’infirmier dans le système de santé.

Cette montée en compétences et en responsabilités s’accompagne d’une évolution plus globale : celle d’une profession qui cherche à renforcer son autonomie, à consolider ses savoirs propres et à s’inscrire davantage dans une logique de qualification universitaire.

C’est dans ce contexte que s’ouvrent les réformes de 2009, avec notamment l’intégration du diplôme d’État infirmier dans le système Licence-Master-Doctorat (LMD). Cette évolution marque un tournant décisif : elle reconnaît enfin le niveau académique de la formation infirmière et inscrit la profession dans l’espace universitaire européen, ouvrant la voie à de nouvelles perspectives de recherche, de spécialisation et d’évolution de carrière.

Concrètement, le diplôme d’État est désormais reconnu au grade de licence (Bac +3). Cette évolution ne se limite pas à un changement de nomenclature : elle transforme profondément la manière de concevoir la profession. L’infirmier n’est plus seulement formé à l’exécution de soins, mais également à l’analyse, à la réflexion clinique, à la recherche et à la prise de décision dans des situations complexes.

Cette universitarisation contribue également à renforcer la visibilité de la profession dans le champ académique. Elle ouvre la voie à des parcours de formation complémentaire, à la recherche en sciences infirmières et à une reconnaissance progressive de la discipline infirmière comme champ scientifique à part entière.

2010–2018 : Une profession infirmière en mutation entre universitarisation et élargissement des compétences

2010 — Mise en œuvre concrète de la réforme LMD

À partir de 2010, la réforme engagée en 2009 entre pleinement en application dans les instituts de formation en soins infirmiers (IFSI). L’intégration du diplôme d’État infirmier dans le système Licence-Master-Doctorat (LMD) devient une réalité pour les nouvelles promotions.

Cette évolution transforme profondément la formation. Elle ne repose plus uniquement sur l’acquisition de gestes techniques, mais intègre davantage de dimensions théoriques et scientifiques : sciences cliniques, raisonnement infirmier, méthodologie de recherche, santé publique ou encore analyse des pratiques professionnelles. L’objectif est clair : former des professionnels capables de s’adapter à des situations de soins de plus en plus complexes et évolutives.

Cette période marque également un changement de posture dans la manière d’aborder le métier : l’étudiant infirmier devient progressivement un futur professionnel réflexif, capable d’analyser sa pratique et de s’inscrire dans une démarche d’amélioration continue de la qualité des soins.

2010–2016 — Renforcement du rôle infirmier dans les parcours de soins

Au cours de ces années, le rôle infirmier continue de s’élargir, en lien avec les transformations du système de santé. La prise en charge des maladies chroniques, le vieillissement de la population et la réduction des durées d’hospitalisation conduisent à une réorganisation des soins autour du patient et de son parcours.

L’infirmier occupe alors une place de plus en plus centrale dans la coordination des soins. Il assure le lien entre les différents acteurs de santé (médecins, kinésithérapeutes, pharmaciens, travailleurs sociaux) et devient un acteur clé du suivi global du patient.

Parallèlement, les missions d’éducation thérapeutique prennent de l’ampleur. L’infirmier accompagne davantage les patients dans la compréhension de leur pathologie, l’adhésion aux traitements et la gestion de leur santé au quotidien. Cette dimension relationnelle et éducative devient un pilier essentiel de la pratique infirmière moderne.

2016–2018 — Vers la reconnaissance des pratiques avancées

À partir de 2016, une nouvelle étape importante se dessine avec la structuration progressive des infirmiers en pratiques avancées (IPA). Ce dispositif vise à répondre aux tensions du système de santé, notamment la surcharge médicale dans certaines spécialités et la nécessité d’améliorer l’accès aux soins.

Les infirmiers en pratiques avancées disposent de compétences élargies, notamment dans le suivi de patients atteints de pathologies chroniques stabilisées. Ils peuvent assurer un suivi clinique renforcé, renouveler certaines prescriptions dans un cadre défini et participer à la coordination des parcours de soins.

La reconnaissance officielle du statut d’IPA en 2018 marque une avancée majeure pour la profession. Elle confirme l’évolution du métier vers une expertise clinique renforcée et une autonomie accrue dans certaines situations de soins.

2018–aujourd’hui : Consolidation des pratiques avancées, tensions du système de santé et revalorisation de la profession

2018 — La reconnaissance officielle des infirmiers en pratiques avancées (IPA)

Le décret du 18 juillet 2018 a constitué l’acte fondateur de la pratique avancée infirmière en France. Il définit :

  • Une formation universitaire de 2 ans (master 2), avec une 1ère année de tronc commun et une 2ème année de spécialisation
  • Des compétences élargies à l’interface des champs infirmier et médical : suivi de patients atteints de pathologies chroniques, prescription d’examens complémentaires, renouvellement ou adaptation de prescriptions médicales, éducation thérapeutique et prévention.
  • Un exercice au sein d’une équipe de soins, sur la base d’un protocole d’organisation avec un médecin.

Les premières mentions disponibles portaient sur :

  • Pathologies chroniques stabilisées
  • Oncologie et hémato-oncologie
  • Maladies rénales
  • Santé mentale et psychiatrie

Plus tard, en 2021, le décret du 25 octobre 2021 ouvre un nouveau domaine d’intervention IPA dans le champ des urgences, élargissant ainsi le périmètre de la pratique avancée

2020–2021 : La crise sanitaire comme révélateur des fragilités du système

La pandémie de COVID-19 agit comme un véritable révélateur des forces et des fragilités du système de santé. Les infirmiers, en première ligne, ont joué un rôle central dans la prise en charge des patients, la vaccination, la surveillance clinique et la continuité des soins, en ville comme à l’hôpital.

Cette période met en lumière l’importance essentielle de la profession infirmière, mais aussi ses limites structurelles : manque de moyens, surcharge de travail, épuisement professionnel et tensions organisationnelles. La crise accentue une prise de conscience collective sur la place des soignants dans le système de santé et sur la nécessité de revaloriser durablement les professions paramédicales.

Dans ce contexte de crise, le Ségur de la santé, lancé en 2020, vise à répondre aux revendications des professionnels de santé et à renforcer l’attractivité des métiers hospitaliers.

Pour les infirmiers, plusieurs mesures sont mises en place, notamment des revalorisations salariales et une reconnaissance accrue de leur engagement. Le Ségur marque également une volonté de repenser l’organisation du système de santé, en renforçant les effectifs et en améliorant les conditions de travail.

Concrètement, le Ségur de la santé c’est notamment :

  • Une revalorisation inédite : 183 euros nets par mois pour 1,5 million de professionnels des établissements de santé.
  • L’accélération du déploiement des Infirmiers en Pratique Avancée (IPA), avec un objectif affiché de 5 000 IPA en exercice d’ici 2024.

Cependant, malgré ces avancées, de nombreux professionnels soulignent que ces mesures restent insuffisantes face à l’ampleur des difficultés structurelles : pénurie de personnel, surcharge chronique, turn-over élevé et perte de sens au travail.

2022 - 2023 : Vers une autonomisation progressive

La loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2022, adoptée en décembre 2021, a franchi une étape audacieuse : autoriser, à titre expérimental, les IPA à réaliser des primo-prescriptions. C’est-à-dire initier eux-mêmes certaines prescriptions, sans délégation médicale préalable. Une révolution culturelle dans un système où le médecin détenait historiquement le monopole de l’ordonnance.

Ces expérimentations ont également nourri une réflexion plus large sur le partage des compétences entre professionnels de santé, un chantier identifié comme prioritaire dans le rapport IGAS de 2024.

Le 19 mai 2023, la loi portant amélioration de l’accès aux soins par la confiance aux professionnels de santé,  dite loi Rist , est promulguée. Portée par la députée Stéphanie Rist, ce texte constitue probablement l’avancée la plus significative pour la profession infirmière depuis le décret fondateur de 2018.

Ses apports majeurs pour les IPA :

  • L’accès direct : les patients peuvent consulter un IPA sans passer préalablement par un médecin, dans les établissements de santé, médico-sociaux, maisons et centres de santé
  • Le droit de première prescription : les IPA se voient reconnaître la possibilité de prescrire certains produits de santé soumis à prescription médicale obligatoire, sur une liste à définir par l’Académie de médecine
  • L’élargissement de la pratique avancée aux spécialités infirmières (IADE, IBODE notamment)
  • La reconnaissance légale du rôle de l’infirmier coordonnateur en EHPAD, et de l’infirmier scolaire comme spécialité à part entière

La loi Rist entend aussi répondre à une réalité criante : en France, plus de 6 millions de personnes n’ont pas de médecin traitant. L’IPA, formé pour le suivi des maladies chroniques, apparaît comme une réponse pragmatique à cette désertification médicale

2024 - 2025 : Entre attentes et freins persistants

Malgré les promesses législatives, l’année 2024 a surtout été marquée par l’attente des décrets d’application. La dissolution de l’Assemblée nationale, puis la censure du gouvernement Barnier, ont retardé la concrétisation des mesures de la loi Rist.

Sur le terrain, le déploiement des IPA reste freiné par plusieurs obstacles structurels :

  • Le protocole d’organisation médecin-IPA, jugé trop contraignant (notamment en EHPAD, où il fallait un accord de chaque médecin traitant)
  • Le faible nombre d’IPA en exercice, très en deçà de l’objectif des 5 000
  • Des résistances corporatistes, avec des recours déposés par certains syndicats médicaux contre l’arrêté sur l’accès direct

Du côté des projections démographiques, la DREES anticipe une hausse de 37 % des effectifs infirmiers d’ici 2050, mais souligne que les difficultés de recrutement font de la profession l’un des métiers les plus en tension en France.

En janvier 2024, une revalorisation des majorations de nuit est entrée en vigueur, avec une augmentation de 25 % de la rémunération nocturne, représentant un gain mensuel estimé entre 200 et 500 euros selon les situations.

Le décret n° 2025-55 du 20 janvier 2025 marque la concrétisation de la loi Rist. Publié au Journal Officiel, ce texte rend possible, pour la première fois, la consultation d’un IPA sans prescription médicale préalable, sous conditions d’exercice coordonné.

Le décret supprime le protocole d’organisation médecin-IPA, qui constituait le principal verrou organisationnel à l’épanouissement de la pratique avancée.

Concrètement, l’accès direct est ouvert :

  • Aux IPA salariés dans les établissements de santé publics, privés et médico-sociaux (EHPAD, structures psychiatriques, etc.)
  • Aux IPA libéraux exerçant dans des structures d’exercice coordonné (maisons de santé, équipes de soins primaires, centres de santé)

Toutefois, la profession attend toujours le décret sur la primo-prescription, qui permettra aux IPA de prescrire initialement certains médicaments. La liste de ces produits doit encore être arrêtée après avis de l’Académie de médecine.

La réforme de la formation infirmière : septembre 2026, quinze ans d'attente

Après plus de quinze ans d’immobilisme depuis la réforme LMD de 2009, la formation infirmière est profondément remaniée par deux textes réglementaires publiés au Journal Officiel le 25 février 2026, un décret et un arrêté datés du 20 février pris en application de la loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 relative à l’évolution du métier infirmier.  Ces textes entrent en vigueur pour tous les étudiants débutant leur première année à compter du 1er septembre 2026.

Le changement le plus structurant est le transfert de la délivrance du diplôme d’État infirmier des préfets de région vers les universités accréditées, consacrant une universitarisation pleine et entière de la formation. La durée reste fixée à trois ans, mais le volume horaire est porté à 4 620 heures contre 4 200 auparavant, dont 66 semaines de stages en milieu hospitalier et extra-hospitalier. Le référentiel est entièrement refondu autour de 5 domaines de compétences, en lieu et place de l’ancienne liste d’actes techniques, alignant la formation française sur les standards européens.  Cette architecture par compétences n’est pas anodine : elle traduit directement la nouvelle définition du métier portée par la loi de 2025, qui reconnaît à l’infirmier le droit d’établir un diagnostic infirmier, de conduire des consultations infirmières et de prendre en charge certains patients en accès direct. Le raisonnement clinique, la prévention, la santé publique et le numérique en santé font désormais partie intégrante du programme.

Pour accompagner cette transformation, l’État investit 215 millions d’euros aux côtés des régions, finançant près de 5 500 places supplémentaires en IFSI pour la rentrée 2026. Des réserves subsistent néanmoins : le Syndicat National des Professionnels Infirmiers (SNPI) souligne que concentrer 4 600 heures sur trois ans crée une pression forte sur les étudiants, alors que la majorité des pays de l’Union européenne forment leurs infirmiers sur quatre ans. Mais le signal envoyé est historique :

« Pour la première fois, la formation initiale est conçue non plus pour former des exécutants d’actes prescrits, mais des praticiens autonomes, capables de penser, de décider et d’agir en partenaires à part entière du système de santé. »

Et demain ? Les perspectives d'une profession en mutation

L’évolution de la profession ne s’arrête pas au décret d’accès direct. Plusieurs évolutions sont en cours ou annoncées :

  • Une réforme infirmière globale est en discussion au Parlement, avec une proposition de loi examinée en 2025 visant à redéfinir légalement le métier d’infirmier, renforcer sa place dans les soins de premier recours et ouvrir de nouvelles passerelles de carrière
  • Une revalorisation des carrières hospitalières a été annoncée, avec des mesures salariales liées aux nouvelles responsabilités et à l’expertise des infirmiers
  • Un accord conventionnel majeur représentant 500 millions d’euros sur 2026-2029 est en cours de finalisation, intégrant notamment les consultations infirmières et l’accès direct au rôle propre

Conclusion

En retraçant l’histoire de la profession infirmière, on mesure à quel point le métier d’IDE s’est construit au fil des évolutions sociales, scientifiques et humaines. D’un rôle longtemps considéré comme subalterne et dévoué, il s’est progressivement affirmé comme une profession essentielle, autonome et hautement qualifiée au cœur du système de santé.

Aujourd’hui, les infirmiers et infirmières ne sont plus seulement des exécutants de soins, mais de véritables acteurs de santé, alliant compétences techniques, relationnelles et réflexion clinique. Cette évolution témoigne d’une reconnaissance croissante, même si de nombreux défis persistent, notamment en termes de conditions de travail et de valorisation.

Comprendre ce parcours, c’est aussi mieux appréhender les enjeux actuels et futurs de la profession. Car l’histoire des IDE ne s’arrête pas : elle continue de s’écrire chaque jour, portée par l’engagement, l’adaptabilité et l’humanité de celles et ceux qui l’exercent.

Bibliographie

  • BAILEY, Gillian. Florence Nightingale overcame the limits set on proper Victorian women – and brought modern science and statistics to nursing. American Nurse Journal [en ligne]. 2024. Disponible sur : https://www.myamericannurse.com/florence-nightingale-overcame-the-limits-set-on-proper-victorian-women-and-brought-modern-science-and-statistics-to-nursing/
  • KING’S COLLEGE LONDON. A pioneering legacy – Florence Nightingale Faculty of Nursing, Midwifery & Palliative Care [en ligne]. [s.d.]  Disponible sur : https://www.kcl.ac.uk/nmpc/about-us/history

  • HAUT CONSEIL DE LA SANTÉ PUBLIQUE. Les droits des malades dans la loi du 4 mars 2002 [en ligne]. 2002; Disponible sur : https://www.hcsp.fr/explore.cgi/ad400610.pdf

  • INFIRMIERS.COM. Accès direct : l’Ordre salue une « avancée » pour les IPA et les patients [en ligne]. 2025 . Disponible sur : https://www.infirmiers.com/ipa-specialites/ipa/acces-direct-lordre-salue-une-avancee-pour-les-ipa-et-les-patients

  • INFIRMIERS.COM. Réforme de la formation infirmière : ce qui est attendu par la profession [en ligne]. [s.d.]. Disponible sur : https://www.infirmiers.com/etudiants/admission-et-cursus-en-ifsi/reforme-de-la-formation-infirmiere-ce-qui-est-attendu-par-la-profession

  • INSPECTION GÉNÉRALE DES AFFAIRES SOCIALES. Évolution de la profession et de la formation infirmières [en ligne]. Paris : IGAS, 2024. Disponible sur : https://igas.gouv.fr/sites/igas/files/2024-04/%C3%89volution%20de%20la%20profession%20et%20de%20la%20formation%20infirmi%C3%A8res.pdf

  • LÉGIFRANCE. Loi n° 2002-303 du 4 mars 2002 relative aux droits des malades et à la qualité du système de santé [en ligne]. 2002 . Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000000227015/

  • LÉGIFRANCE. Décret n° 2025-55 du 20 janvier 2025 relatif aux conditions de l’accès direct et de prescriptions initiales des infirmiers en pratique avancée [en ligne]. 2025.  Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000051013550

  • LÉGIFRANCE. Décret n° 2026-130 du 20 février 2026 relatif aux modalités de délivrance du diplôme d’État d’infirmier [en ligne]. 2026. Disponible sur : https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000053568871

  • ORDRE NATIONAL DES INFIRMIERS. Déclaration relative à la publication du décret n° 2026-130 et de l’arrêté relatif au diplôme d’État d’infirmier [en ligne]. 2026 . Disponible sur : https://www.ordre-infirmiers.fr/l-ordre-national-des-infirmiers-salue-la-publication-au-journal-officiel-du-decret-ndeg-2026-130-du

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