Écrit par :
Equipe éditoriale
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Service : Smart Infirmier
Présentation :
Équipe éditoriale de Smart Infirmier
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Chaque année, des milliers d’étudiants franchissent pour la première fois les portes d’un Institut de Formation en Soins Infirmiers avec, dans les yeux, la même question : par où commencer ? Entre les cours magistraux, les travaux pratiques, les stages cliniques et un référentiel de formation remanié en profondeur, le parcours vers le Diplôme d’État Infirmier (DEI) peut sembler dense, voire intimidant.
Pourtant, une fois qu’on en comprend la logique, tout s’éclaire. La formation infirmière n’est pas un empilement de matières à mémoriser : c’est un parcours progressif, construit pour faire de vous un professionnel de santé capable de raisonner, d’agir et de s’adapter face à toutes les situations de soin.
Avec la réforme qui sera en vigueur à la rentrée 2026, ce parcours se modernise : nouvelles compétences, volume horaire augmenté, universitarisation du diplôme, intégration du numérique et de la prévention en santé. Autant de changements qui renforcent la valeur de votre formation et ouvrent de nouvelles perspectives professionnelles.
Que vous soyez futur étudiant, candidat en cours de préparation ou simplement curieux du fonctionnement des études infirmières, cet article vous donne toutes les clés pour comprendre le déroulement des 3 années de formation : les unités d’enseignement, les TP, les TPG, les stages cliniques, les 13 compétences à acquérir et ce que la réforme 2026 change concrètement pour vous.
La formation infirmière se déroule sur 3 ans, organisés en 6 semestres de chacun environ 20 semaines. Elle totalise 4 620 heures réparties entre enseignements à l’IFSI et stages cliniques en milieu professionnel.
À l’issue des 3 ans, vous obtenez 180 crédits ECTS, ce qui correspond au grade de Licence dans le système universitaire européen LMD (Licence-Master-Doctorat). Ce grade ouvre la voie à des poursuites d’études en master, notamment en pratique avancée infirmière.
La formation infirmière repose sur trois piliers complémentaires et indissociables :
Ces trois piliers s’articulent tout au long des 6 semestres selon une progression logique : on apprend d’abord à comprendre, puis à s’entraîner, puis à agir en autonomie croissante.
Les 5 domaines d’enseignement
L’ensemble des enseignements est organisé autour de 5 domaines, chacun centré sur un aspect fondamental du métier infirmier. Ces domaines structurent à la fois les cours, les évaluations et l’acquisition des compétences tout au long de la formation.
La formation utilise plusieurs formats pédagogiques complémentaires, chacun répondant à un objectif précis.
CM = je comprends les bases / TD = j’approfondis et je questionne / TP = Je m’entraîne / TPG = Je prépare les TP et TD
La première année est souvent celle de la découverte et de l’adaptation. Les méthodes de travail changent radicalement par rapport au lycée, le volume d’informations est important, et le premier contact avec les soins réels peut être intense.
La deuxième année marque une montée en charge significative. Les enseignements se spécialisent, les stages deviennent plus exigeants, et l’autonomie attendue augmente nettement.
La dernière année est celle de l’intégration et de la professionnalisation. Le volume de stages augmente, le mémoire de fin d’études mobilise une énergie considérable, et la posture professionnelle attendue se rapproche de celle d’un IDE diplômé.
Le mémoire est une démonstration de maturité professionnelle et intellectuelle. Il prépare à l’exercice réflexif et à la recherche en sciences infirmières.
Le portfolio est un document de suivi individuel qui accompagne l’étudiant durant les 3 ans de formation. Il remplit plusieurs fonctions essentielles :
Le portfolio n’est pas un simple carnet de bord : c’est un outil de réflexivité professionnelle. À chaque stage, vous l’enrichissez, vous questionnez vos pratiques, vous identifiez vos points forts et vos axes de progression.
Toute la formation est organisée autour de 13 compétences que vous devez progressivement acquérir et démontrer :
Domaine A : Sciences infirmières et raisonnement clinique
Domaine B : Pratiques cliniques, qualité et gestion des risques
Domaine C : Prévention et promotion de la santé
Domaine D : Communication, travail en équipe et leadership
Domaine E : Démarche scientifique, initiation à la recherche et méthodologie
Ces 13 compétences ne sont pas des cases à cocher : elles se construisent progressivement, à travers chaque cours, chaque TP, chaque stage et chaque situation professionnelle vécue.
Les stages représentent la moitié du volume de formation, soit 2 310 heures réparties sur les 3 ans. Ils vous placent au cœur de la réalité du soin, auprès de patients réels, dans des équipes soignantes authentiques.
La formation vous emmène dans des environnements variés pour vous exposer à la diversité du métier infirmier :
Chaque stage est encadré par un maître de stage (le cadre de santé du service) et un tuteur de stage (un IDE expérimenté qui vous accompagne au quotidien). Un formateur référent de l’IFSI assure le lien entre la formation théorique et l’expérience clinique.
L’évaluation de stage repose sur une grille de compétences alignée sur les 5 domaines, complétée dans votre portfolio.
Pendant plus de quinze ans, la formation infirmière française a reposé sur le référentiel issu de l’arrêté du 31 juillet 2009. Ce cadre, solide à sa création, a progressivement montré ses limites face aux transformations profondes du système de santé : vieillissement de la population, prévalence croissante des maladies chroniques, développement des soins à domicile, montée de la télésanté et de l’exercice coordonné. Un infirmier sur deux jugeait d’ailleurs ce référentiel « déphasé » par rapport à la réalité du terrain. C’est ce constat partagé par les professionnels, les formateurs et les organisations étudiantes qui a rendu la réforme non seulement souhaitable, mais indispensable.
L’arrêté du 20 février 2026, publié au Journal officiel le 25 février 2026, vient donc remplacer ce référentiel vieillissant. Il s’inscrit en parallèle de la loi n° 2025-581 du 27 juin 2025 sur la profession d’infirmier, qui a redéfini les missions, les compétences et les droits de prescription des IDE.
C’est l’un des changements les plus visibles pour les étudiants. L’ancien référentiel organisait les enseignements en 60 Unités d’Enseignement (UE) réparties dans 6 catégories :
Le nouveau référentiel simplifie et réorganise cette architecture autour de 5 domaines thématiques (A à E), directement alignés sur les compétences professionnelles à acquérir :
Ce changement n’est pas qu’esthétique. Il traduit une volonté de rendre les enseignements plus cohérents et plus lisibles, en décloisonnant les savoirs et en les ancrant directement dans les missions réelles de la profession.
L’ancien référentiel articulait la formation autour de 10 compétences. Le nouveau en compte 13, organisées dans les 5 domaines. Ce n’est pas une simple addition : il s’agit d’une refonte du référentiel de compétences pour tenir compte des nouvelles dimensions du métier, notamment :
L’ancien référentiel prévoyait environ 4 200 heures de formation, réparties à parts égales entre théorie et stage (2 100 heures chacun). Le nouveau référentiel porte ce total à 4 620 heures, réparties comme suit :
Cette augmentation de volume répond aux exigences de la directive européenne sur la formation des infirmières responsables de soins généraux, à laquelle la France était jusqu’alors en deçà des standards.
Dans l’ancien référentiel, les terrains de stage et leur répartition étaient largement laissés à l’appréciation des IFSI, selon les ressources locales et les parcours individuels. Les stages en psychiatrie et en pédiatrie, bien que recommandés, n’étaient pas systématiques pour tous les étudiants.
Le nouveau référentiel introduit deux évolutions majeures : le stage en psychiatrie et le stage en pédiatrie deviennent obligatoires pour toutes les promotions. Par ailleurs, le stage de consolidation de 3ème année est renforcé, avec un bloc de 10 semaines dans des lieux d’exercice spécialisés conçu en cohérence avec les priorités de santé du territoire. L’encadrement en stage est également plus structuré, avec une grille d’évaluation directement alignée sur les 5 domaines de compétences.
C’est sans doute le changement institutionnel le plus structurant. Depuis 2009, le DEI était délivré par les préfets de région. À compter de la rentrée 2026, il sera délivré par les universités accréditées et signé par le président de l’université. Ce transfert consacre l’inscription pleine et entière de la formation infirmière dans l’enseignement supérieur. En pratique, cela ouvre de nouvelles perspectives concrètes pour les diplômés : accès facilité aux masters (dont les masters en pratique avancée infirmière), développement de la recherche en sciences infirmières, meilleure mobilité européenne et reconnaissance internationale du diplôme.
La réforme intègre plusieurs thématiques absentes ou marginales dans l’ancien cadre de formation :
Malgré l’ampleur de la réforme, plusieurs fondamentaux sont préservés :
La formation infirmière est bien plus qu’un cursus académique. C’est un parcours de transformation intellectuelle, technique et humaine qui vous amène, en trois ans, à développer une identité professionnelle solide et une capacité d’adaptation face à toutes les situations de soin.
Des premiers gestes appris en TP aux soins réalisés en autonomie lors du stage de consolidation, des cours magistraux d’anatomie aux analyses de pratiques professionnelles, chaque étape de cette formation a un sens. Les 5 domaines d’enseignement, les 13 compétences, les stages variés et le mémoire de fin d’études ne sont pas des obstacles à franchir : ce sont les outils qui construisent, progressivement, le professionnel de santé que vous deviendrez.
Avec le nouveau référentiel de 2026, cette formation s’inscrit désormais pleinement dans l’enseignement supérieur universitaire, s’ouvre à de nouveaux champs : numérique, prévention, prescription, et reconnaît à sa juste valeur la complexité et l’étendue du métier d’infirmier. Une évolution qui ne fait qu’amplifier ce que la profession porte en elle depuis toujours : l’exigence, l’engagement et le soin de l’autre.
Chaque infirmier diplômé est passé par les mêmes doutes, les mêmes nuits de révision et les mêmes premières fois en stage. Et chacun d’eux vous dira la même chose : « Ca valait largement le coup ».
FRANCE. Arrêté du 20 février 2026 relatif au diplôme d’État d’infirmier. Journal officiel de la République française, 25 février 2026. Disponible à l’adresse : https://www.legifrance.gouv.fr
FRANCE. Arrêté du 31 juillet 2009 relatif au diplôme d’État d’infirmier. Journal officiel de la République française, 7 août 2009. Disponible à l’adresse : https://www.legifrance.gouv.fr
FRANCE. Décret n° 2025-1306 du 24 décembre 2025 relatif aux activités et compétences de la profession d’infirmier. Journal officiel de la République française, 24 décembre 2025. Disponible à l’adresse : https://www.legifrance.gouv.fr
FRANCE. Décret n° 2026-130 du 20 février 2026 relatif aux modalités de délivrance du diplôme d’État d’infirmier. Journal officiel de la République française, 25 février 2026. Disponible à l’adresse : https://www.legifrance.gouv.fr
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